Nous recourons aux cookies (ou témoins de connexion) afin de vous offrir la meilleure expérience de navigation possible sur notre site web. Découvrez comment nous utilisons les cookies et comment vous pouvez modifier vos paramètres.

Déclaration de la haute représentante Federica Mogherini au nom de l'Union européenne suite à l'élection présidentielle au Burundi

Conseil de l'UE
  • 23/07/2015
  • 18:30
  • Déclaration et observations
  • 617/15
  • Affaires étrangères et relations internationales
23/07/2015
Contacts avec la presse

Catherine Ray
Porte-parole principale du SEAE
+32 22969921
+32 498969921

Maja Kocijančič
Porte-parole du SEAE
+32 22986570
+32 498984425

En dépit des efforts de la communauté internationale, et en particulier de l'initiative récente du président Museveni en vue de faciliter un dialogue inter-burundais, il apparait évident que les progrès dans la mise en œuvre des décisions de l'Union africaine du 13 juin et de la Communauté d'Afrique de l'Est du 6 juillet sont insuffisants. Seule la mise en œuvre complète de ces décisions aurait ouvert la voie à la tenue d'élections crédibles et inclusives au Burundi dont le résultat serait représentatif. En maintenant les élections le gouvernement en a décidé autrement.

En l'absence d'un dialogue national substantiel qui pourrait conduire à un consensus politique, le Burundi ne parviendra pas à retrouver le chemin de la stabilité, de la démocratie et du développement qui a commencé avec l'adoption de l'Accord d'Arusha. Dès lors, l'UE commencera les travaux préparatoires des consultations spécifiques comme prévu à l'article 96 de l'Accord de Cotonou, afin de faire en sorte que le gouvernement burundais prenne les engagements qui s'imposent pour remédier à la crise. Le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'État de droit sont les éléments fondateurs de la relation de coopération entre l'UE et le Burundi qui est régi par l'Accord de Cotonou.

L'UE exhorte le gouvernement, ainsi que les partis d'opposition, à revenir au dialogue pour trouver une issue consensuelle en vue du rétablissement d'un système politique inclusif et démocratique. L'UE appuie pleinement les efforts déployés dans ce sens par la Communauté de l'Afrique de l'Est, par l'Union africaine et par les Nations unies.

L'impact humanitaire, socio-économique et sécuritaire de la crise dans le pays et sur la région préoccupe grandement l'Union européenne. Dans ce contexte, nous saluons l'envoi par l'Union africaine d'observateurs de droits de l'homme, et d'experts militaires pour superviser le désarmement des groupes affiliés aux partis politiques. L'Union européenne salue la générosité des pays voisins dans l'accueil des réfugiés du Burundi et réaffirme sa solidarité avec le peuple burundais et les communautés d'accueil, entre autres à travers la mobilisation de l'aide humanitaire pour les milliers de réfugiés.

L'UE rappelle que la violence ne peut être utilisée à des fins politiques et appelle une fois de plus toutes les parties prenantes et les leaders politiques à la condamner et à la décourager. Ceci comprend notamment les actions menées par les groupes armés, telles que les attaques qui ont eu lieu récemment dans la province de Kayanza. L'Union européenne se prépare, en ligne avec les conclusions du Conseil de juin 2015, à adopter, le cas échéant, des mesures restrictives ciblées contre ceux dont l'action aurait conduit ou conduirait à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l'homme, et/ou entraverait la recherche d'une solution politique.

Le Monténégro*, la Serbie* et l'Albanie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, et l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine, la République de Moldavie, l'Arménie et la Géorgie se rallient à la présente déclaration. 

* Le Monténégro, la Serbie et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.