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Intervention du président Donald Tusk à l'issue de la réunion des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE avec la Turquie

Conseil européen
  • 07/03/2016
  • 23:59
  • Déclaration et observations
  • 110/16
  • Affaires intérieures
  • Affaires étrangères et relations internationales
07/03/2016
Contacts avec la presse

Preben Aamann
Porte-parole du président du Conseil européen
+32 22815150
+32 476850543

Bonsoir.

Le sommet entre la Turquie et l'Union européenne vient de s'achever. Nous sommes convenus que, malgré une bonne mise en œuvre du plan d'action commun sur les migrations, le flux de migrants qui partent de la Turquie pour gagner la Grèce reste beaucoup trop important et doit être réduit de manière conséquente. Je me réjouis que nous ayons, avec le Premier ministre Davutoğlu, une vision commune concernant le renforcement de notre coopération en vue d'obtenir des résultats concrets sur le terrain dans les prochains jours.

Aujourd'hui, nous avons fait le point sur les progrès accomplis jusqu'à présent. Le retour de migrants de la Grèce vers la Turquie qui a eu lieu la semaine dernière a constitué la première étape visible d'une mise en œuvre plus opérationnelle et efficace de l'accord bilatéral conclu. Le Premier ministre Davutoğlu a confirmé que la Turquie était résolue à accepter le retour rapide de tous les migrants n'ayant pas besoin d'une protection internationale qui partent de la Turquie pour gagner la Grèce. L'UE aidera la Grèce à assurer, selon des procédures globales, à grande échelle et accélérées, les retours vers la Turquie.

Nous nous sommes également félicités de la mise en œuvre de l'action de l'OTAN en mer Égée et nous espérons qu'elle contribuera à renforcer les activités de renseignement et de surveillance en vue de mettre un terme aux traversées de migrants. Cette opération ne fonctionnera pas si la Turquie n'est pas disposée à reprendre tous les migrants en situation irrégulière appréhendés dans les eaux turques. Aujourd'hui, nous avons reçu l'assurance que cela sera possible. Toutes les décisions susmentionnées envoient un message très clair indiquant que le temps des flux migratoires irréguliers vers l'Union européenne est à présent révolu.

Par ailleurs, nous nous sommes félicités des nouvelles propositions audacieuses présentées ce jour par la Turquie pour continuer de remédier à cette crise. Nous sommes convenus d'œuvrer sur la base des principes suivants: 

  • le renvoi de tous les nouveaux migrants en situation irrégulière qui partent de la Turquie pour gagner les îles grecques;
  • l'accélération de la mise en œuvre de la feuille de route relative à la libéralisation du régime des visas;
  • l'accélération du versement du montant de trois milliards d'euros et la mise en place d'un financement supplémentaire pour la facilité en faveur des réfugiés syriens;
  • la préparation de l'ouverture de nouveaux chapitres dans le cadre des négociations d'adhésion;
  • la possibilité de créer en Syrie des zones plus sûres; 
  • et, enfin, la réinstallation d'un réfugié syrien pour chaque réfugié syrien réadmis.

J'ai été chargé par les dirigeants d'approfondir ces propositions et d'en définir les modalités conjointement avec la Turquie avant le prochain Conseil européen.

Nous avons également examiné avec le Premier ministre Davutoğlu la situation des médias en Turquie. Nous savons tous combien la liberté de parole et la liberté d'expression, qui sont des droits de l'homme fondamentaux, sont importantes. Sans ces libertés, aucune culture, aucune société ne peut se développer sainement. Tout cela pour dire que nous ne pouvons rester indifférents aux préoccupations exprimées dans ce contexte s'agissant de ce qui se passe actuellement en Turquie.  

Enfin, je tiens à préciser que notre réunion a duré plus longtemps que prévu non seulement en raison des discussions que nous avons menées avec la Turquie, mais également parce que les dirigeants avaient un certain nombre de décisions importantes à prendre.  Tout d'abord, je souhaiterais annoncer que les dirigeants de l'UE ont décidé de rompre avec la politique du "laisser passer", ce qui signifie que les flux irréguliers de migrants le long de la route des Balkans occidentaux ont désormais pris fin.

Pour faciliter cette évolution, nous sommes convenus d'aider la Grèce et d'y déployer une aide humanitaire massive. Une aide d'urgence destinée à répondre à la situation humanitaire très difficile sur le terrain sera fournie dans les plus brefs délais. Nous fournirons également une aide supplémentaire en vue de gérer les frontières extérieures de la Grèce, y compris celles avec l'ancienne République yougoslave de Macédoine et l'Albanie. Il s'agit là d'une responsabilité collective de l'UE, de sorte que la Grèce ne sera pas laissée livrée à elle-même.