Intervention du président Donald Tusk à l'issue du sommet de Bratislava

Conseil européen
  • 16/09/2016
  • 21:00
  • Déclaration et observations
  • 518/16
  • Affaires institutionnelles
16/09/2016
Contacts avec la presse

Preben Aamann
Porte-parole du président du Conseil européen
+32 22815150
+32 476850543

Permettez-moi tout d'abord de remercier le Premier ministre Fico, qui nous a invités à Bratislava. Je tiens également à remercier tous les Slovaques pour leur hospitalité et leur patience. Je sais que ce n'est pas toujours facile, notamment avec toutes les mesures de sécurité mises en place, mais vous avez accompli un travail remarquable.

Le sommet que nous avons tenu à Bratislava est le premier au cours duquel nous avons débattu de l'avenir commun d'une UE à 27 États, sans le Royaume-Uni. Cela a été un moment difficile pour l'Europe lorsque le peuple britannique a décidé de partir, et il a donc fallu procéder à un diagnostic honnête. Aujourd'hui, nous avons eu un débat franc sur les causes profondes de la situation politique actuelle de l'Europe. Que des millions d'Européens éprouvent un sentiment d'insécurité est un fait. Les citoyens s'inquiètent de ce qu'ils considèrent comme une absence de contrôle en ce qui concerne les migrations, le terrorisme et, enfin et surtout, leur avenir économique et social, et ils expriment des craintes à cet égard.

Notre évaluation est lucide mais pas défaitiste. Si nous sommes tous d'accord pour estimer que l'Union européenne n'est pas parfaite, nous sommes également d'accord pour dire qu'il s'agit du meilleur instrument dont nous disposions. Aussi sommes-nous déterminés à corriger les erreurs du passé et à avancer avec des solutions communes en tant qu'UE à 27. On ne saurait faire comme si rien ne s'était passé. Pour faire avancer l'Union, nous avons discuté de la "feuille de route de Bratislava", qui expose les objectifs de nos travaux dans la perspective de la réunion prévue à Rome au mois de mars de l'année prochaine, où nous souhaitons achever ce processus.

Permettez-moi de citer quelques-uns des objectifs dont nous avons débattu aujourd'hui:

- ne jamais permettre que se reproduisent les flux incontrôlés que nous avons connus l'année dernière et assurer un contrôle total de nos frontières extérieures pour revenir à Schengen. Nous sommes déterminés à poursuivre notre coopération avec la Turquie et les Balkans occidentaux, mais aussi à établir avec des pays africains des pactes pour les migrations;

- prendre toutes les mesures nécessaires pour aider les États membres à assurer la sécurité intérieure et à lutter contre le terrorisme. L'intensification de l'échange d'informations entre les services de sécurité des États membres constitue une priorité urgente;

- renforcer la coopération de l'UE en matière de sécurité extérieure et de défense. En décembre, le Conseil européen prendra une décision relative aux moyens de mieux tirer parti des possibilités qu'offrent les traités;

- construire un avenir économique prometteur pour tous, en renforçant le marché unique et en accroissant les investissements;

- et, enfin, préserver notre mode de vie et fournir de meilleures perspectives aux jeunes Européens. Ces objectifs sont accompagnés d'un certain nombre de mesures très concrètes. Je n'entrerai pas dans les détails, vous pouvez en prendre connaissance dans la feuille de route. Permettez-moi juste d'indiquer que plusieurs dirigeants ont décidé de déployer immédiatement du personnel et du matériel supplémentaires pour contribuer à la surveillance de la frontière que la Bulgarie partage avec la Turquie. Je tiens à les remercier pour cette coopération.

Nous devons parvenir à des décisions plus pratiques et plus concrètes au cours des prochains mois. À cet effet, je tiens à féliciter le président Juncker pour ses  excellentes initiatives, qu'il a présentées dans son discours sur l'état de l'Union européenne. Nous avons débattu d'un grand nombre d'entre elles aujourd'hui et j'espère que toutes les institutions coopéreront à leur mise en œuvre.

En guise de conclusion, permettez-moi de rappeler que la feuille de route de Bratislava orientera notre action lorsque nous nous réunirons à l'occasion de nos réunions ordinaires du Conseil européen, en octobre et en décembre, et également à La Valette, puis à Rome, pour des réunions informelles. J'espère que le sommet de Bratislava permettra de renouveler la confiance envers l'Union européenne. Cela n'arrivera que si les citoyens se rendent compte que nous tenons nos engagements grâce à une coopération loyale entre les États membres et les institutions. Aujourd'hui je puis affirmer qu'il y a de l'espoir. Je vous remercie.