Intervention du président Donald Tusk lors de la conférence de presse du sommet UE-Japon à Bruxelles

Conseil européen
  • 06/07/2017
  • 12:30
  • Déclaration et observations
  • 440/17
  • Commerce international et douane
  • Affaires étrangères et relations internationales
06/07/2017
Contacts avec la presse

Preben Aamann
Porte-parole du président du Conseil européen
+32 22815150
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Cher Premier ministre, cher Shinzo, cher Jean-Claude, je suis très heureux de vous accueillir à Bruxelles aujourd'hui à l'occasion de notre sommet extraordinaire UE-Japon. En réalité, nous l'avions prévu il y a quelque temps, lorsque nous avions promis de faire tout ce qui était en notre pouvoir pour conclure les négociations politiques et commerciales entre le Japon et l'Union européenne à la veille du sommet du G20. Et nous y sommes parvenus.

Permettez-moi de rappeler brièvement le contexte politique. Il y a moins de deux semaines, ici même à Bruxelles, les dirigeants européens se sont entretenus sur la manière de nous protéger des pratiques commerciales déloyales; sur la manière de concilier liberté et équité des échanges commerciaux. Il va de soi que nous ne songions pas au Japon ou aux négociations en cours. Mais, ayant à l'esprit les craintes et les inquiétudes de nos citoyens, lesquelles sont souvent justifiées, nous avons pris des décisions sur la manière d'améliorer nos instruments de défense commerciale. Il ne s'agit pas de couper l'Europe du reste du monde, mais d'être en mesure de réaliser des échanges commerciaux efficaces. Car l'Union européenne, en tant que telle, croit fermement au dessein politique d'un monde reposant sur l'ouverture, la coopération et le commerce.

Dans le cadre des négociations sur le Brexit, d'aucuns ont fait valoir que cela ne vaut pas la peine d'être dans l'Union européenne, puisqu'il est plus facile de faire du commerce mondial en dehors de l'UE. Nous avons montré aujourd'hui que ce n'est pas vrai. L'UE joue un rôle de plus en plus important à l'échelle mondiale. Et des négociations l'attendent avec les pays du Mercosur, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, et d'autres encore.

À ceux qui prétendent annoncer le retour de l'isolationnisme et de la désintégration, nous prouvons que ce n'est pas le cas. Nous prouvons que le monde n'a vraiment pas besoin de revenir un siècle en arrière. Bien au contraire. Cela n'a rien d'une fatalité; nous en faisons la démonstration avec le Japon. Et savez-vous pourquoi cet accord a été possible? Parce qu'il ne s'agit pas simplement d'intérêts commerciaux communs; il s'agit avant tout des valeurs partagées qui constituent le fondement de nos sociétés, ce par quoi j'entends la démocratie libérale, les droits de l'homme et l'État de droit. Ce socle de valeurs communes, que non seulement nous respectons, mais aussi - conformément à l'accord de partenariat stratégique - que nous nous sommes engagés à promouvoir, nous a permis de conclure ces négociations. Et le plus important est qu'il n'y a pas de perdant.

Je me permets ici d'adresser mes remerciements à Jean-Claude et son équipe, ainsi qu'aux négociateurs japonais, pour leur excellent travail. Félicitations, belle réussite!

Permettez-moi enfin d'attirer l'attention sur la question de la Corée du Nord. Nous sommes convenus aujourd'hui d'appeler la communauté internationale à renforcer les mesures visant à restreindre davantage le transfert des biens et technologies, ainsi que des fonds, contribuant aux programmes d'armes nucléaires ou de missiles balistiques de la Corée du Nord. À cet égard, nous appelons à ce qu'une nouvelle résolution, de portée large, soit adoptée rapidement par le Conseil de sécurité des Nations unies.