ans de coopération
ans de coopération
Découvrez comment le Conseil européen a été créé et comment il est devenu l'institution stratégique de l'UE que nous connaissons aujourd'hui.
En période de crise, il y a toujours une concentration de pouvoir. Quelqu'un doit prendre des décisions. C'est la raison d'être du Conseil européen.
Les origines
L'origine du Conseil européen remonte aux sommets des chefs d'État ou de gouvernement tenus par les six pays qui ont fondé les Communautés européennes après les dévastations causées par la Seconde Guerre mondiale.
Depuis lors, le Conseil européen est progressivement passé d'un forum de discussion occasionnel à une institution de l'UE à part entière.
1961
Premier sommet européen
Paris
1974
Création du Conseil européen
Paris
1975
Première réunion du Conseil européen
Dublin
Dans les années 1950, les ministres des six États membres des Communautés européennes adoptent les premières règlementations européennes, axées sur les questions économiques et la libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux.
Dans les années 1960 et 1970, la nécessité d’une coordination sur des questions de nature plus politique, au-delà des domaines de compétence des Communautés, devient néanmoins plus pressante – ce qui ne pouvait pas être traité au niveau ministériel.
En février 1961, le président français, Charles de Gaulle, accueille à Paris le premier sommet des chefs d'État ou de gouvernement des six pays.
Le point de départ
"Vive le Conseil européen"
Les 9 et 10 décembre 1974, à l'invitation du président français, Valéry Giscard d'Estaing, les chefs d'État ou de gouvernement se réunissent pour un autre sommet à Paris – qui sera plus tard considéré comme moment fondateur du Conseil européen.
Valéry Giscard d'Estaing s’exprimant sur la création du Conseil européen.
Valéry Giscard d'Estaing s’exprimant sur la création du Conseil européen.
Chefs d'État ou de gouvernement et ministres des affaires étrangères pendant une session de travail lors du sommet de Paris de 1974.
Chefs d'État ou de gouvernement et ministres des affaires étrangères pendant une session de travail lors du sommet de Paris de 1974.
Session de travail lors du sommet européen à Paris, en 1974.
Sommet européen à Paris, en 1974.
"Vive le Conseil européen"
Les 9 et 10 décembre 1974, à l'invitation du président français, Valéry Giscard d'Estaing, les chefs d'État ou de gouvernement se réunissent pour un autre sommet à Paris – qui sera plus tard considéré comme moment fondateur du Conseil européen.
Valéry Giscard d'Estaing s’exprimant sur la création du Conseil européen.
Valéry Giscard d'Estaing s’exprimant sur la création du Conseil européen.
Intervention de Valéry Giscard d'Estaing à la conférence de presse tenue à l'issue du sommet de Paris en 1974.
Intervention de Valéry Giscard d'Estaing à la conférence de presse tenue à l'issue du sommet de Paris en 1974.
Après le sommet, Valéry Giscard d'Estaing annonce à la presse:
"Le sommet européen est mort, vive le Conseil européen!"
Dans la perspective de "l'unification européenne", et en reconnaissant "les problèmes avec lesquels l'Europe est confrontée à l'extérieur", les chefs d'État ou de gouvernement décident de se réunir trois fois par an, et chaque fois que nécessaire.
Ils décident également de "mettre en œuvre une diplomatie concertée dans tous les domaines de la politique internationale qui affectent les intérêts de la Communauté européenne".
Cette évolution vers un rôle plus politique vise à dépasser la nature essentiellement technique et économique du projet européen depuis 1957.
Le nouveau Conseil européen se réunit pour la première fois à Dublin en mars 1975.
Reconnaissance juridique
L'élan en faveur de la coopération et de l'intégration européennes ralentit à la fin des années 1970, lorsque les économies européennes sont frappées par l'inflation et le chômage.
Au milieu des années 1980, une nouvelle volonté de faire avancer le projet européen émerge. La création du marché unique européen en constitue un élément clé.
Face à l’évolution de la réalité politique, en 1985, les chefs d'État ou de gouvernement adoptent l'Acte unique européen qui donne, pour la première fois, une base juridique au Conseil européen.
Joachim Bitterlich, ancien conseiller d'Helmut Kohl,
donnant son regard sur le contexte politique de l’époque.
Joachim Bitterlich, ancien conseiller d'Helmut Kohl, donnant son regard sur le contexte politique de l’époque.
Nouveaux défis
Dans les années 1990, la position de l'UE sur la scène mondiale se renforce. La chute du mur de Berlin en 1989 et la réunification de l'Allemagne constituent une étape décisive de l'histoire européenne moderne, incitant de nombreux pays européens à vouloir adhérer à l'UE.
Dans ce contexte, les dirigeants des 12 pays de la Communauté européenne doivent répondre à une question fondamentale: dans ce monde en mutation, quel est le rôle futur de l'Europe?
La réponse à cette question se matérialise par l'adoption de trois nouveaux traités, accordant plus de pouvoirs au Conseil européen et le rendant plus efficace.
Le 28 avril 1990, lors d'une réunion extraordinaire à Dublin, le Conseil européen décide d'intégrer une Allemagne réunifiée dans la Communauté européenne; au centre, Helmut Kohl, chancelier fédéral allemand.
Le 28 avril 1990, lors d'une réunion extraordinaire à Dublin, le Conseil européen décide d'intégrer une Allemagne réunifiée dans la Communauté européenne; au centre, Helmut Kohl, chancelier fédéral allemand.
Cérémonie de signature du traité de Maastricht, février 1992
Cérémonie de signature du traité de Maastricht, février 1992
1993
Traité de Maastricht
Le traité de Maastricht institue l'Union européenne et établit formellement la pratique selon laquelle les réunions du Conseil européen sont présidées par le pays exerçant la présidence du Conseil de l'UE.
Signatures apposées au traité d'Amsterdam
Signatures apposées au traité d'Amsterdam
1999
Traité d'Amsterdam
Le traité d’Amsterdam donne au Conseil européen davantage de compétences en matière de politique étrangère et de sécurité, y compris pour les questions ayant des implications en matière de défense.
Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères, signant le traité de Nice en février 2001
Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères, signant le traité de Nice en février 2001
2003
Traité de Nice
Le traité de Nice met un terme à des décennies de déplacements des dirigeants pour assister aux réunions aux quatre coins de l'Union européenne, en désignant Bruxelles comme lieu principal pour les réunions du Conseil européen.
Le traité de Lisbonne: un changement historique
Le fonctionnement du Conseil européen est considérablement modifié par le traité de Lisbonne (2009), qui vise à rendre l'UE plus démocratique et plus efficace.
Le traité de Lisbonne introduit deux réformes majeures en ce qui concerne le Conseil européen:
- Jusqu’alors considéré comme une réunion informelle des dirigeants des États membres, le Conseil européen est reconnu formellement comme l'une des institutions de l'Union européenne – la septième.
- Le traité de Lisbonne crée également la fonction de président à temps plein du Conseil européen, élu pour un mandat de 2,5 ans (renouvelable une fois), afin d'améliorer la continuité et la cohérence des travaux du Conseil européen.
Avant cela, les réunions du Conseil européen étaient présidées par le chef d'État ou de gouvernement du pays exerçant la présidence du Conseil de l'UE, le président changeant donc tous les six mois.
Le rôle stratégique du Conseil européen nécessitait une présidence plus stable et permanente.
Herman Van Rompuy, président du Conseil européen de 2009 à 2014, s'exprimant sur la création d’un président permanent du Conseil européen.
Herman Van Rompuy, président du Conseil européen de 2009 à 2014, s'exprimant sur la création d’un président permanent du Conseil européen.
Depuis 2010
Le Conseil européen se réunit plus fréquemment, principalement à Bruxelles, depuis qu'il est devenu une institution officielle de l’UE en 2009.
Il joue un rôle déterminant pour faire avancer le projet européen, coordonner les réponses aux crises et renforcer la résilience collective. Parmi les exemples notables, on peut citer la crise de l'euro, la crise migratoire, le Brexit, la pandémie de COVID-19 et la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine.
Pendant la pandémie de COVID-19, les chefs d'État ou de gouvernement ont, pour la première fois, tenu leurs sommets en ligne.
Après le lancement par la Russie de sa guerre d'agression à grande échelle contre l'Ukraine, en 2022, le Conseil européen a pris d'importantes décisions pour réduire les dépendances stratégiques, se défaire progressivement de la dépendance de l'UE à l'égard du gaz russe et renforcer les capacités de défense.
L'Ukraine et la Moldavie sont désormais candidats à l'adhésion à l'Union européenne.
Le président du Conseil européen
Le 1er décembre 2024, l'ancien Premier ministre portugais, António Costa, est devenu le président du Conseil européen.
Nous avons 27 histoires et cultures différentes, et nous regardons le monde depuis différentes positions géographiques. Cette diversité est parfaitement naturelle. Elle nous enrichit et nous pouvons en tirer parti. Elle est la force de l'Europe.
L'unité de l'Europe dans la diversité est remarquable, et elle est enracinée dans la force de notre volonté commune et inébranlable.
En tant que président du Conseil européen, je me fixerai chaque jour pour mission de construire cette unité et de faire prospérer notre diversité naturelle, en écoutant chaque État membre, en respectant les préoccupations de chacun, et en favorisant la convergence lorsqu'il y a divergence.
Anciens présidents
Herman Van Rompuy
2009-2014
Donald Tusk
2014-2019
Charles Michel
2019-2024
Faits et chiffres
Plus de 250
C’est le nombre de réunions de chefs d'État ou de gouvernement qui se sont tenues entre 1975 et décembre 2024. Plus de 250 dirigeants de l'UE ont pris place autour de la table.
13
En 2020 un nombre record de 13 sommets européens se sont tenus, réunions au cours desquelles les dirigeants de l'UE ont négocié leur réponse à la pandémie de COVID-19, les finances de l'UE et la politique climatique. La plupart de ces sommets se sont tenus par vidéoconférence.
5 jours et 4 nuits
Il s’agit du temps qui a été nécessaire aux dirigeants de l'UE pour parvenir à un accord sur le traité de Nice, en vue de préparer l'UE à son plus grand élargissement de l’histoire. Le sommet de Nice (7-11 décembre 2000) reste le plus long sommet européen à ce jour.
Journalistes couvrant un sommet européen dans les bâtiments du Conseil européen
Journalistes couvrant un sommet européen dans les bâtiments du Conseil européen
Crédits photos
Chapitre "Les origines"
- Photo de famille à Paris en 1961 : © Archives nationales (France)
- Séance de travail lors du sommet de Paris en 1974 : © Communautés européennes. Photographes : Karel van Milleghem, Christian Lambiotte
- Photo de famille à Dublin en 1975 : © Lensmen, 1975
- Premier sommet à Paris en 1961 : © AP
Chapitre "Le point de départ"
- © Communautés européennes. Photographes : Karel van Milleghem, Christian Lambiotte
- © Lensmen, 1975
Chapitre "Nouveaux défis"
- Réunion à Dublin : © Communautés européennes
- Le traité de Maastricht et le traité de Amsterdam : © Communautés européennes. Photographe : Christian Lambiotte
- Le traité de Nice : © Ministère français des Affaires étrangères. Photographe: Frédéric de la Mure
Chapitre "Depuis 2010"
Photo avec le drapeau du Royaume-Uni : © Shutterstock. Photographe : Alexandros Michailidis
Toutes les autres photos :
© Union européenne
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