- Conseil européen
- Déclaration et observations
- 14 septembre 2020 17:40
Intervention du président Charles Michel à l'issue de la réunion des dirigeants UE-Chine par vidéoconférence
Je suis ravi qu'Ursula (von der Leyen), Angela (Merkel) et moi-même ayons pu nous entretenir par vidéoconférence avec le président Xi. Il n'a malheureusement pas été possible de nous retrouver en personne à Leipzig.
L'Europe doit être un protagoniste du jeu, pas un terrain de jeu. La réunion de ce jour représente une nouvelle avancée sur la voie d'une relation plus équilibrée avec la Chine.
Nous nous efforçons d'établir une relation qui honore nos engagements mutuels. Qui produise des résultats concrets pour les deux parties. Des résultats qui soient également positifs pour le monde. Dans certains domaines, nous sommes sur la bonne voie. Dans d'autres, davantage d'efforts doivent être consentis.
Nous avons clairement exprimé notre position. Nos points de convergence, et nos points de désaccord. De réelles divergences existent et nous ne cherchons pas à les masquer. Nous sommes prêts à nouer le dialogue. Prêts à coopérer lorsque nous le pouvons, et prêts à retrousser nos manches pour trouver des solutions concrètes. Et sur ces questions difficiles, nous avons fait passer un message clair émanant d'une Europe unie: nous voulons une relation avec la Chine qui repose sur la réciprocité, la responsabilité et l'équité élémentaire.
Nous avons abordé aujourd'hui 4 sujets essentiels:
1. le changement climatique
2. les questions économiques et commerciales
3. les affaires internationales et les droits de l'homme
4. la COVID-19 et la relance économique
La Chine est un partenaire mondial essentiel dans la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre et dans la lutte contre le changement climatique. Et nous encourageons la Chine à se montrer encore plus ambitieuse.
L'UE place la barre très haut — la neutralité carbone en 2050. Et nous comptons sur la Chine pour donner des impulsions analogues en mettant en œuvre l'accord de Paris.
Nous entretenons une relation commerciale forte avec la Chine. L'UE est le premier partenaire commercial de la Chine. Nos échanges commerciaux dépassent en moyenne le milliard d'euros par jour.
Le commerce peut stimuler notre reprise économique. Mais nous voulons davantage d'équité. Nous voulons une relation plus équilibrée. Cela implique aussi de la réciprocité et des conditions de concurrence équitables. Voilà pourquoi nous nous réjouissons que l'accord sur les indications géographiques ait été signé aujourd'hui. C'est un grand pas dans la bonne direction. Nous menons des travaux en vue de conclure un accord global sur les investissements et de déboucher sur des résultats concrets dans d'autres domaines importants.
Et dans le domaine numérique, nous défendons notre vision d'un cyberespace libre, ouvert et sûr. Pour le bien de nos citoyens et de nos sociétés. En tant qu'acteurs mondiaux, l'UE et la Chine ont des responsabilités mondiales. Ce qui implique la défense de l'ordre international fondé sur des règles.
La loi sur la sécurité nationale à Hong Kong demeure une source de vive préoccupation. L'UE et nos États membres ont répondu clairement, d'une seule voix. Il faut que les voix démocratiques qui s'élèvent à Hong Kong soient entendues, que les droits soient protégés et que l'autonomie soit préservée. Nous avons demandé à la Chine de tenir les promesses qu'elle a faites aux citoyens de Hong Kong et à la communauté internationale.
Nous avons à nouveau fait part de nos préoccupations à l'égard de la façon dont la Chine traite les minorités au Xinjiang et au Tibet, ainsi que les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes. Nous avons demandé que des observateurs indépendants puissent se rendre au Xinjiang et réclamé la libération du citoyen suédois Gui Minhai et de deux citoyens canadiens, arbitrairement détenus.
Nous sommes convenus de débattre de ces questions de façon plus approfondie lors du dialogue sur les droits de l'homme qui se tiendra à Pékin dans le courant de l'année, et qui comportera, nous l'espérons, un déplacement sur le terrain au Tibet.
Nous avons invité la Chine à s'abstenir de tout acte unilatéral en mer de Chine méridionale, à respecter le droit international et à éviter d'exacerber les tensions.
La Covid-19 reste une menace considérable à traiter d'urgence. Ce n'est qu'en agissant collectivement et de façon transparente que nous reléguerons ce virus aux livres d'histoire. Il n'y a qu'une seule façon de procéder pour trouver un vaccin et le déployer dans tous les pays: coopérer au niveau mondial.
Nous attendons de l'ensemble des pays qu'ils coopèrent à l'évaluation impartiale, indépendante et globale de la riposte sanitaire internationale à la COVID-19 et qu'ils soutiennent l'OMS pour identifier la source du virus.
Nous encourageons la Chine à poursuivre une relance économique qui conduise à des réformes structurelles et rende l'économie plus verte et plus durable. Cela passe par la mise en œuvre du plan d'action du G20 visant à favoriser une croissance mondiale durable et à apaiser les tensions au niveau mondial. D'autre part, en Afrique, la Chine devrait participer aux efforts multilatéraux portant sur l'allégement de la dette, en vue de stimuler la reprise économique.
En conclusion, nos discussions aujourd'hui ont été extrêmement importantes. Nous mesurons bien que parler, dialoguer, est important mais cela ne suffit pas: il s'agit de transformer nos messages en actes.
Nous sommes déterminés à continuer à être engagés avec la Chine pour promouvoir nos valeurs, pour défendre nos intérêts. Nous voulons une relation équilibrée, fondée sur le respect pour les intérêts mutuels.
Nous considérons que la réciprocité et la transparence doivent être au cœur de l'engagement porté par l'Union européenne.
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