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Le Conseil définit un nouveau cadre pour la diplomatie scientifique
Le Conseil a adopté ce jour une recommandation définissant un nouveau cadre européen pour la diplomatie scientifique. Ce cadre vise à renforcer la position de l'Union en tant que chef de file mondial dans le domaine de la science et de la technologie et à utiliser la coopération scientifique pour poursuivre ses objectifs de politique étrangère.
À une époque marquée par une fragmentation géopolitique et une évolution technologique rapide, la diplomatie scientifique n'est plus une entreprise périphérique, mais un impératif stratégique fondamental. C'est grâce au langage universel de la science et à l'engagement en faveur d'une collaboration ouverte mais sûre que l'Union européenne peut non seulement défendre ses propres intérêts et valeurs, mais aussi forger un monde plus pacifique, plus prospère et plus durable ‑ une Union autonome, ouverte sur le monde.
Nikodimos Damianou, vice-ministre de la recherche, de l'innovation et de la politique numérique de la République de Chypre
La science comme outil diplomatique
La recommandation souligne que la science est un bien public mondial et que la collaboration scientifique peut établir la confiance et faciliter le dialogue avec les pays tiers. Elle souligne l'importance d'une coopération internationale ouverte et sûre en matière de recherche et d'innovation, s'appuyant sur l'association de pays tiers à Horizon Europe et à d'autres initiatives, comme "Choose Europe for Science" (choisir l'Europe pour la Science).
Le nouveau cadre invite à optimiser l'impact de la diplomatie scientifique pour ce qui est de préserver et de promouvoir les valeurs de l'Union, notamment la liberté, la démocratie, l'égalité, l'état de droit et le respect des droits de l'homme. Il reconnaît son rôle dans la défense des intérêts de l'UE en matière de compétitivité ainsi que la nécessité de trouver un équilibre entre les objectifs scientifiques et les intérêts de la politique étrangère et de sécurité. Il s'agit notamment d'évaluer les risques et d'exploiter les possibilités dans des domaines tels que l'intelligence artificielle et les technologies quantiques.
Des partenariats renforcés
La recommandation rend compte de la volonté du Conseil de renforcer les partenariats avec les pays du Sud global afin de soutenir les capacités de recherche et de relever les défis mondiaux communs. Plus précisément, la recommandation préconise la création d'un centre méditerranéen de diplomatie scientifique.
Elle encourage également les États membres à mettre en place des modalités de soutien pour la coordination de la diplomatie scientifique des instances gouvernementales entre elles et avec leurs parties prenantes, et à favoriser les liens entre les services diplomatiques des États membres et les instituts de recherche, les universités et autres établissements d'enseignement supérieur, y compris les alliances "universités européennes".
Le texte adopté ce jour met particulièrement l'accent sur l'intégration de la diplomatie scientifique dans les programmes d'éducation et de formation, afin de sensibiliser les jeunes générations.
Il invite également la Commission à renforcer le suivi des évolutions mondiales révolutionnaires dans les domaines de la recherche, de la technologie et de l'innovation, telles que l'utilisation accrue de l'IA dans le domaine de la science, et à évaluer leurs répercussions.
Le cadre souligne également qu'il importe de maintenir la sécurité de la recherche et de veiller à ce que les efforts de diplomatie scientifique soient alignés sur l'action extérieure de l'Union.
Contexte
La diplomatie scientifique désigne, d'une part, l'utilisation directe ou indirecte de la science, des données scientifiques et de la coopération scientifique pour éclairer et soutenir la politique étrangère à différents niveaux et, d'autre part, le recours à la diplomatie pour soutenir et promouvoir la coopération internationale et le progrès scientifique. Il s'agit d'un outil puissant pour déployer le pouvoir d'influence de l'UE et défendre plus efficacement les intérêts économiques et les valeurs fondamentales de l'UE, en répondant à la demande et aux intérêts des pays partenaires et en jouant sur les atouts de l'UE en tant que poids lourd de la recherche et de l'innovation. Certains États membres ont élaboré ou sont en train d'élaborer leurs propres stratégies de diplomatie scientifique, qui pourraient inclure la création de postes spécifiques au sein des ministères, comme ceux de conseillers scientifiques, de directeurs scientifiques, d'envoyés spéciaux pour la diplomatie scientifique et d'ambassadeurs technologiques.
Dans ses conclusions relatives à l'approche mondiale de la recherche et de l'innovation, le Conseil a invité la Commission et le Service européen pour l'action extérieure à élaborer un programme européen en matière de diplomatie scientifique.
Le 27 février 2026, la Commission a proposé la recommandation du Conseil relative à un cadre européen pour la diplomatie scientifique dans le cadre d'un ensemble plus large de mesures pour une coopération internationale ouverte et sûre en matière de recherche et d'innovation.
Les recommandations sont des actes non contraignants de l'UE prévus à l'article 288 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Bien que les recommandations n'aient pas de conséquences juridiques, elles fournissent des orientations sur l'interprétation ou le contenu du droit de l'UE.