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Les ministres de l'UE ont procédé à un échange de vues sur les incidences d'une Union élargie sur la sécurité, dans la perspective du débat stratégique du Conseil européen d'octobre sur la question.
Ils ont analysé les possibilités et les défis que représente l'élargissement pour la sécurité de l'UE, y compris la manière dont les pays candidats et les candidats potentiels peuvent contribuer à renforcer la sécurité et la défense de l'UE.
L'élargissement est l'instrument de politique étrangère le plus efficace de l'UE depuis des décennies. [...] De nombreux pays candidats contribuent déjà de manière significative à notre sécurité. L'Ukraine est bien entendu la première ligne de défense de l'Europe contre l'agression russe. La Moldavie et nos partenaires des Balkans occidentaux contribuent aux missions et opérations de l'UE.
Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et présidente du Conseil des affaires étrangères
Les ministres ont mis l'accent sur une priorité donnée aux domaines de la coopération en matière d'affaires étrangères, de sécurité et de défense, et sur la manière dont le processus d'adhésion peut continuer à soutenir la stabilité régionale, la normalisation et les relations de bon voisinage.
Les ministres sont convenus d'approfondir la coopération en matière de sécurité et de défense avec les pays candidats, en fonction des progrès de ceux-ci et de leur alignement sur l'UE. Ils ont également confirmé l'importance d'une communication stratégique sur les aspects positifs de l'élargissement.
Guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine et intensification de la campagne hybride ciblant l'UE et les États membres
Les ministres des affaires étrangères de l'UE ont débattu de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine et de l'intensification de la campagne hybride ciblant l'UE et ses États membres, après un échange de vues informel avec le ministre ukrainien des affaires étrangères, Andrii Sybiha.
Les ministres ont manifesté aujourd'hui un soutien en faveur d'une trêve des frappes sur les infrastructures énergétiques entre l'Ukraine et la Russie, à condition que Moscou y adhère. Mais un cessez-le-feu ne peut fonctionner s'il n'est honoré que par une seule partie. Il existe un consensus clair sur le fait que le moment n'est pas venu d'alléger la pression sur Moscou.
Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et présidente du Conseil des affaires étrangères
Les discussions ministérielles ont principalement porté sur la réponse de l'UE à l'intensification des actions hybrides de la Russie, ainsi que sur le soutien que l'UE apporte à l'Ukraine et la pression qu'elle exerce sur la Russie.
En ce qui concerne la pression exercée sur la Russie, le Conseil a adopté le plus grand ensemble d'inscriptions jamais adopté visant près de 1 600 personnes et entités dans le complexe militaro-industriel russe, ainsi que 77 inscriptions supplémentaires de personnes ayant participé aux prétendues "élections" à la Douma d'État russe, tenues en septembre 2026 dans les territoires ukrainiens temporairement occupés.
La haute représentante a déclaré que la pression sur la Russie serait maintenue: d'une part grâce à davantage de sanctions, y compris dans le cadre d'un 22e ensemble de mesures restrictives, et d'autre part, au moyen du contrôle du respect des sanctions, des actions contre la flotte fantôme, de l'imputation des attaques hybrides et de la réaction collective à celles-ci, ainsi que d'un meilleur partage des renseignements.
En outre, le Conseil a débattu de la nécessité d'œuvrer à une mise en œuvre rapide de l'interdiction d'entrée pour les anciens combattants russes, ainsi que de la possibilité de restreindre la circulation des diplomates russes et de réduire le nombre de visas touristiques russes.
Eu égard à notre réponse collective, nous avons besoin d'un mécanisme qui permette de se consulter et d'agir rapidement. C'est pourquoi nous proposerons un protocole de sécurité d'urgence dans le cadre de notre stratégie européenne de sécurité. Cela doit s'accompagner d'un ensemble d'outils de réaction prêts à être déployés.
Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et présidente du Conseil des affaires étrangères
En ce qui concerne le soutien à l'Ukraine, la haute représentante a salué la décision de l'Ukraine d'adopter les lois nécessaires qui permettront l'ouverture de négociations sur deux groupes de chapitres supplémentaires en vue de l'élargissement. Le Conseil a en outre débattu du déficit de financement de l'Ukraine pour 2027 ainsi que de la nécessité pour les États membres de l'UE de jouer un rôle de premier plan dans le soutien aux besoins de financement du pays.
Enfin, les ministres de l'UE ont examiné la possibilité d'empêcher les athlètes russes et biélorusses de participer à nouveau aux compétitions sportives internationales sous les drapeaux russes ou biélorusses et une éventuelle action de l'UE contre ceux qui détruisent le patrimoine culturel ukrainien.
Le Conseil a débattu de la situation au Moyen-Orient, en mettant l'accent sur l'évolution récente de la situation en Iran et dans la région du Golfe, notamment en ce qui concerne la question de la liberté de navigation, ainsi que sur Israël et la Palestine.
L'Iran et le Golfe
Les discussions au sein du Conseil ont porté sur l'escalade des tensions dans le Golfe et la mer Rouge, y compris les attaques contre l'Arabie saoudite et la perturbation de la sûreté maritime et de la liberté de navigation, notamment dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab al-Mandab. Les ministres ont condamné conjointement la récente attaque perpétrée par les Houthis contre l'aéroport de Riyad et ont souligné l'importance de la désescalade, du maintien du dialogue diplomatique avec les partenaires régionaux et de la poursuite des efforts diplomatiques en vue d'une issue négociée.
Ils ont également souligné la nécessité de rétablir la liberté de navigation conformément au droit international, y compris dans le cadre des opérations de sûreté maritime de l'UE, notamment EUNAVFOR ASPIDES, et ont discuté de la nécessité de renforcer les capacités de cette opération. Dans ce contexte, plusieurs ministres se sont félicités de l'engagement "Pas de redevances/Pas de péages" pris sous l'égide de l'UE pour protéger les voies navigables internationales et s'opposer aux redevances, péages ou restrictions illégaux et unilatéraux qui entravent la liberté de navigation.
Il est dans l'intérêt stratégique de l'Europe de maintenir la mer Rouge ouverte. Les eaux internationales, les artères de notre économie, doivent rester ouvertes à tous, et non pas réservées à ceux qui en ont les moyens.
Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et présidente du Conseil des affaires étrangères
Enfin, les ministres de l'UE ont également débattu de la détérioration de la situation au Yémen, en soulignant qu'il importe de soutenir le gouvernement yéménite internationalement reconnu, de faire progresser les efforts en vue d'un règlement politique et de répondre aux importants besoins humanitaires au Yémen et dans la Corne de l'Afrique.
Les ministres ont procédé à un échange de vues sur la situation en Israël et en Palestine, dans la perspective du prochain cycle électoral dans la région. À cet égard, les ministres ont déploré le report des élections législatives palestiniennes et ont souligné qu'il importe de dialoguer avec l'Autorité palestinienne pour veiller à ce que des élections puissent avoir lieu dans un avenir proche. Ils ont en outre discuté de l'évolution des relations entre l'UE et Israël dans le contexte des prochaines élections israéliennes.
L'UE reste prête à soutenir le processus, y compris par l'intermédiaire de la mission d'observation électorale de l'UE. Après 20 ans sans le scrutin législatif, les institutions palestiniennes ont besoin d'une légitimité renouvelée.
Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et présidente du Conseil des affaires étrangères
Plus largement, le Conseil a débattu de la situation à Gaza et en Cisjordanie. Les ministres se sont déclarés profondément préoccupés par la situation humanitaire désastreuse à Gaza et ont souligné la nécessité d'un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave à grande échelle, en tant que condition nécessaire pour progresser dans la mise en œuvre du plan d'ensemble visant à mettre fin au conflit à Gaza. Ils ont également discuté de la détérioration de la situation en Cisjordanie, y compris de l'expansion des colonies et des violences exercées par les colons.
Les ministres ont par ailleurs évoqué la situation au Liban, réaffirmant le soutien de l'UE à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du pays. Ils se sont félicités de la mise en place, par une décision du Conseil, de la mission de soutien de l'UE au Liban (EUSM Liban) afin de renforcer les forces armées et les forces de sécurité intérieure libanaises et de soutenir la stabilité dans le pays.
Dans le cadre des questions d'actualité, le Conseil a évoqué la situation en Géorgie et s'est déclaré vivement préoccupé par le recul démocratique du pays, la situation des partis d'opposition et la mise en œuvre de la législation sur les agents étrangers. Une discussion plus approfondie sur la Géorgie devrait avoir lieu lors de la session du Conseil des affaires étrangères de janvier 2027.
Sous le point "Divers", la Belgique et les Pays-Bas se sont adressés aux ministres au sujet de la Cour pénale internationale (CPI), à la lumière des mesures restrictives récemment annoncées par les États-Unis à l'encontre de la CPI et de ses juges.
Les Pays-Bas ont en outre soulevé la question des mesures restrictives de l'UE concernant la criminalité transnationale organisée.
La France a mentionné l'Algérie dans le contexte des restrictions commerciales récemment adoptées sur les importations françaises.
Chypre a communiqué aux ministres des informations actualisées sur le protocole d'accord signé le 10 juillet par la Turquie et l'entité sécessionniste dans les zones occupées de la République de Chypre en vue du développement d'un gazoduc sous-marin pour le transport de gaz naturel.
Autres décisions
Le Conseil a imposé des mesures restrictives à l'encontre de trois personnes et quatre entités supplémentaires responsables du soutien apporté aux programmes d'armes de destruction massive de la République populaire démocratique de Corée et de la violation des sanctions des Nations unies.
Le Conseil a par ailleurs prorogé de cinq ans, soit jusqu'au 30 octobre 2031, le cadre de mesures restrictives de lutte contre la prolifération et l'utilisation d'armes chimiques.
Les ministres ont ensuite formellement adopté le règlement établissant le programme pour l'innovation agile et rapide dans le domaine de la défense (AGILE).
Le Conseil a décidé de proroger jusqu'au 31 octobre 2028 le mandat de la réforme du secteur de la sécurité en Iraq (EUAM Iraq).
En marge de la session
Avant le début de la session du Conseil des affaires étrangères, les ministres de l'UE ont tenu une discussion informelle lors du petit-déjeuner consacrée à la lutte contre les activités de manipulation de l'information et d'ingérence menées depuis l'étranger et aux campagnes de communication stratégique.
Documents en lien avec la réunion
Documents préparatoires
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